CANADA : Au Québec, quatre partis s’engagent pour un usage responsable de l’IA en politique
À l’approche des prochaines élections générales québécoises, quatre des principales formations politiques du Québec annoncent un engagement commun autour de l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle.
Selon le consortium interdisciplinaire et intersectoriel de recherche IVADO, la Coalition avenir Québec, le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et Québec solidaire ont adhéré au Code de bonne conduite pour un usage responsable de l’intelligence artificielle par les partis politiques du Québec. L’initiative a été élaborée sous l’impulsion de chercheurs et d’experts québécois, notamment Catherine Régis, d’IVADO et de l’Université de Montréal, Christian Gagné, de l’Institut intelligence et données de l’Université Laval, ainsi que Marc-Antoine Dilhac, de l’Université de Montréal.
Préserver la confiance dans le processus démocratique
Cet engagement intervient alors que les outils d’IA générative rendent de plus en plus facile la création de textes, d’images, de vidéos ou de voix artificielles pouvant imiter des personnalités politiques.
Dans ce contexte, le Code vise notamment à encourager la transparence dans l’utilisation de l’IA, à limiter les risques liés aux hypertrucages (deepfakes) et aux contenus trompeurs, et à préserver la confiance du public dans le processus électoral.
L’enjeu dépasse donc la seule question technologique. Il concerne directement la qualité du débat démocratique : comment distinguer une communication politique authentique d’un contenu généré ou manipulé par une intelligence artificielle ?
Une démarche transpartisane
L’élément notable de cette initiative réside dans son caractère transpartisan. Des formations politiques aux orientations très différentes acceptent ici de se soumettre à un même ensemble de principes concernant l’utilisation de l’IA pendant la période électorale.
Cette convergence illustre une prise de conscience croissante : l’IA devient progressivement une question de gouvernance démocratique, et non plus seulement une question d’innovation numérique.
L’expérience québécoise mérite d’être suivie de près. Elle montre qu’en l’absence de règles suffisamment précises ou avant même leur adoption, des acteurs politiques peuvent également choisir de se fixer collectivement des principes de responsabilité.
Reste désormais à savoir comment ces engagements seront appliqués concrètement pendant la campagne électorale et quels mécanismes permettront d’en vérifier le respect. C’est précisément sur ce terrain, celui du passage des principes aux pratiques, que se mesurera la portée réelle de ce nouveau Code.