USA : 72 % des Américains veulent savoir quand l’intelligence artificielle est utilisée par leur médecin
L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les systèmes de santé, mais la confiance des patients reste fragile. Une nouvelle enquête du Pew Research Center, menée auprès de 3 488 adultes américains du 22 au 28 juin 2026, montre une forte demande de transparence concernant l’utilisation de l’IA dans les soins.
Premier enseignement : 72 % des Américains considèrent qu’il est extrêmement ou très important qu’un médecin ou un professionnel de santé les informe lorsqu’une IA est utilisée dans leur prise en charge. Cette attente ne concerne pas uniquement les décisions médicales.
Les patients souhaitent notamment être informés lorsque l’IA intervient directement dans l’analyse d’examens, le diagnostic ou l’interprétation de résultats de laboratoire. Mais cette exigence s’étend également à des usages plus administratifs : 72 % souhaitent savoir si une IA est utilisée pour prendre des notes pendant leur consultation, 64 % pour le renouvellement d’ordonnances et 56 % pour la prise de rendez-vous.
Une technologie encore largement invisible
Cette demande de transparence s’explique notamment par une faible visibilité de l’IA dans le parcours de soins. 46 % des Américains déclarent ne pas savoir si leur médecin ou professionnel de santé utilise l’IA, contre seulement 16 % qui affirment que c’est effectivement le cas.
Même lorsque l’IA est utilisée, sa fonction reste souvent mal comprise. Parmi les personnes qui déclarent avoir été confrontées à son utilisation dans leurs soins, 44 % disent comprendre « à peu près bien » comment elle a été utilisée. Seuls 22 % estiment le comprendre très ou extrêmement bien.
Le problème dépasse donc la simple question de l’adoption technologique : les patients veulent comprendre quelle place l’IA occupe dans une décision qui peut directement concerner leur santé.
Les patients veulent davantage de contrôle
L’enquête révèle également un déficit de pouvoir perçu. 53 % des Américains estiment avoir peu ou pas leur mot à dire sur l’utilisation de l’IA par leur professionnel de santé, tandis que seulement 33 % pensent disposer d’au moins une certaine influence.
Surtout, 63 % souhaitent avoir davantage leur mot à dire sur l’utilisation de l’IA dans leur système de santé, contre seulement 21 % qui se disent satisfaits de leur niveau actuel d’intervention.
Une question de confiance, pas seulement de technologie
Ces résultats mettent en lumière un enjeu essentiel de l’introduction de l’IA dans la médecine : la transparence devient une condition de la confiance.
Pour les patients, savoir qu’une IA intervient ne signifie pas nécessairement la refuser. Mais ils souhaitent pouvoir distinguer ce qui relève du jugement du professionnel de santé et ce qui est produit ou assisté par une machine.
Cette exigence rejoint un débat plus large sur la gouvernance de l’IA : dans les secteurs sensibles comme la santé, l’enjeu n’est pas seulement de déterminer si une technologie est suffisamment performante, mais aussi de garantir le consentement, la compréhension, la responsabilité et la possibilité pour l’être humain de garder une prise sur les décisions qui le concernent.
L’enquête du Pew Research Center suggère ainsi une ligne directrice claire : à mesure que l’IA entre dans les cabinets médicaux et les hôpitaux, son utilisation ne devrait pas devenir invisible pour ceux qui en subissent directement les conséquences.