CANADA : Le Premier ministre Mark Carney annonce la création d’un Conseil national pour accompagner sa stratégie sur l’intelligence artificielle
Le gouvernement de Mark Carney lance un Conseil national chargé de conseiller Ottawa sur l’adoption de l’IA, sa gouvernance et la souveraineté technologique du Canada. Yoshua Bengio figure parmi les experts nommés.
Le Canada renforce sa gouvernance de l’intelligence artificielle. Le Premier ministre Mark Carney a annoncé, le 2 octobre 2026, la création d’un Conseil national du premier ministre sur l’intelligence artificielle, chargé de formuler des recommandations indépendantes et pratiques sur la transformation du pays dans ce domaine.
Le nouveau Conseil doit notamment accompagner la stratégie nationale « L’IA pour tous », lancée en juin dernier. Ottawa veut ainsi accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle tout en renforçant la confiance dans ces technologies et la capacité du pays à conserver le contrôle de ses capacités essentielles en matière d’IA.
Treize membres issus de l’IA, de la recherche et de l’entreprise
Le Conseil réunira des chercheurs, entrepreneurs, investisseurs, analystes et responsables publics canadiens, ainsi que des experts internationaux. Parmi ses membres figurent notamment Yoshua Bengio, pionnier de l’apprentissage profond et spécialiste de la sécurité de l’IA, Ajay Agrawal, Sanja Fidler, Gillian Hadfield, Jordan Jacobs, Eric Lamarre, Valérie Pisano, Jody Thomas, Louis Vachon et Michelle Zatlyn. La liste comprend également John Graham, le sénateur Thomas Pitfield et Patrick Pichette, ce dernier étant membre d’office.
Le gouvernement indique vouloir réunir des compétences couvrant notamment la sécurité, la gouvernance et la surveillance de l’IA. Le Conseil pourra formuler des propositions, favoriser des partenariats et identifier des initiatives destinées à accompagner la transformation du pays.
Trois priorités : confiance, possibilités et souveraineté
La stratégie « L’IA pour tous » repose sur trois objectifs : bâtir la confiance, accroître les possibilités offertes aux Canadiens et renforcer la souveraineté du Canada sur les capacités essentielles de l’intelligence artificielle.
Le nouveau Conseil devra notamment conseiller le gouvernement sur l’accélération de l’adoption de l’IA, le soutien aux entreprises canadiennes et le développement d’une infrastructure souveraine en matière d’IA.
Il devra également examiner les moyens de rendre l’IA plus sûre et de protéger les institutions démocratiques. « À l’ère de l’IA, la prospérité et la souveraineté appartiennent aux pays capables de développer, d’adopter et de régir l’IA selon leurs propres conditions », a déclaré Mark Carney lors de l’annonce. Le Premier ministre estime que le Conseil doit notamment aider le gouvernement à gérer les risques et à faire en sorte que l’IA contribue à améliorer la vie de la population canadienne.
Une stratégie qui vise 200 milliards de dollars de croissance
Ottawa associe cette politique de gouvernance à un objectif économique important. Selon le gouvernement canadien, la stratégie « L’IA pour tous » vise à générer 200 milliards de dollars de croissance économique supplémentaire et à créer 250 000 nouveaux emplois liés à l’IA au cours des cinq prochaines années.
Le gouvernement souhaite également faire progresser le taux d’adoption de l’IA, annoncé à un peu plus de 12 %, jusqu’à 60 % d’ici 2034.
La stratégie prévoit par ailleurs jusqu’à 90 000 emplois et possibilités de stage liés à l’IA pour les jeunes Canadiens.
L’IA comme enjeu de souveraineté
Au-delà de l’adoption des outils d’intelligence artificielle, le gouvernement canadien met donc l’accent sur la capacité du pays à maîtriser les infrastructures et les compétences nécessaires à leur développement.
Cette orientation rejoint d’autres initiatives lancées par Ottawa en 2026, notamment Transformation numérique Canada, organisation fédérale destinée à moderniser les services publics et à utiliser les achats de l’État pour soutenir les entreprises canadiennes du numérique et de l’IA.
Le gouvernement considère également l’IA comme un levier déjà présent dans plusieurs secteurs, notamment la santé, l’agriculture et les transports.
Un conseil, mais pas un organe de décision
Le nouveau Conseil aura une fonction de conseil et de recommandation. Il bénéficiera d’une petite équipe au sein du Bureau du Conseil privé, tandis que les ministres et les administrations concernées conserveront la responsabilité des décisions stratégiques et de leur mise en œuvre.
Le choix du Canada est ainsi de compléter sa stratégie nationale par une instance réunissant expertise scientifique, capacités industrielles et réflexion sur la gouvernance.
Avec ce Conseil, Ottawa cherche à répondre à une question devenue centrale dans les politiques nationales d’IA : comment accélérer l’adoption d’une technologie stratégique tout en conservant la capacité de la gouverner selon ses propres priorités ?
La réponse passe désormais par trois notions : confiance, adoption et souveraineté.