EUROPE : Le Conseil de l’Europe et Microsoft s’allient pour promouvoir une IA respectueuse des droits humains
Le Conseil de l’Europe et Microsoft ont signé un accord-cadre de coopération à Strasbourg pour promouvoir les droits humains, la démocratie et l’État de droit dans le développement des technologies numériques. Le partenariat prévoit notamment des échanges sur l’IA responsable, la diversité linguistique et la lutte contre la cybercriminalité.
Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, et Brad Smith, vice-président du conseil et président de Microsoft, ont signé un protocole d’accord au siège de l’organisation à Strasbourg.
Cet accord établit un cadre de coopération destiné à accompagner le développement technologique et l’innovation selon des principes de responsabilité et d’inclusion. Il vise notamment à répondre aux défis soulevés par l’intelligence artificielle, dans un contexte où les capacités technologiques évoluent rapidement.
Pour Alain Berset, la coopération avec les entreprises technologiques est devenue essentielle afin que l’innovation ne se développe pas au détriment des règles communes et des garanties démocratiques.
Brad Smith a, de son côté, souligné que la réussite de l’IA devait se mesurer à sa capacité à répondre aux besoins des personnes, tout en restant fondée sur les droits humains, la démocratie et l’État de droit.
Des échanges sur l’IA responsable et inclusive
Le protocole prévoit que les deux partenaires explorent différents axes de coopération, selon leurs mandats et leurs domaines d’expertise respectifs.
Ils pourront notamment organiser des dialogues, partager des connaissances et des bonnes pratiques sur le développement responsable et inclusif des technologies. Le Microsoft Open Innovation Centre, installé à Strasbourg, pourra contribuer à ces échanges.
L’accord prévoit également de soutenir des initiatives favorisant la diversité linguistique et culturelle, notamment la préservation et la valorisation des langues régionales et minoritaires.
Le texte établit un cadre général de coopération : les projets concrets devront faire l’objet d’un accord mutuel entre les deux parties.
L’IA mobilisée pour documenter les dommages en Ukraine
Le partenariat doit aussi renforcer la coopération autour de projets déjà engagés. Le Conseil de l’Europe cite notamment le Registre des dommages pour l’Ukraine, soutenu par le laboratoire de recherche AI for Good de Microsoft.
Dans ce cadre, l’intelligence artificielle et l’analyse d’images satellitaires contribuent à évaluer les dommages. Ce projet illustre l’utilisation de technologies numériques à des fins de documentation et de suivi des conséquences de la guerre.
La cybercriminalité, un autre axe de coopération
Le Conseil de l’Europe et Microsoft disposent également d’une expérience commune dans la lutte contre la cybercriminalité.
Microsoft a notamment soutenu la Convention de Budapest sur la cybercriminalité et des initiatives associées, dont le projet mondial du Conseil de l’Europe sur la cybercriminalité et le projet Octopus.
Ces programmes accompagnent les pays dans la mise en œuvre du traité et contribuent au renforcement de la protection des données et des garanties liées à l’État de droit.
Faire converger innovation et garanties démocratiques
Cet accord intervient alors que l’IA soulève des questions croissantes concernant les droits fondamentaux, la responsabilité des acteurs technologiques et les mécanismes de contrôle démocratique.
En associant une organisation internationale chargée de promouvoir les droits humains et une grande entreprise technologique, le partenariat entend favoriser le dialogue entre institutions publiques et secteur privé.
Sa portée dépendra toutefois des initiatives qui seront effectivement mises en œuvre. Le protocole fixe un cadre de coopération, sans annoncer à lui seul de nouvelles obligations réglementaires pour Microsoft ou pour les autres acteurs de l’intelligence artificielle.
L’enjeu central demeure celui mis en avant par les deux signataires : faire en sorte que le développement technologique reste compatible avec les droits humains, la démocratie et l’État de droit.